LES CHRONIQUES DE RENNES

PIQUER AU POINT DROIT
À la lumière blafarde du secret levé, les illusions fantasmées
s’apparentent à des 3-pièces oubliés dans la vieille armoire d’une maison
de campagne. Alors on note, à regret, la trame, la méprise et la maladresse
de notre confection relationnelle.

SENS DE GRAVITÉ
Ils s’aimaient de loin en proche, lui de l’envol de ses volutes,
elle de sa tristesse insondable. Comme lors d’un travail temporaire,
ils n’étaient pas certains d’avoir une prochaine mission en dépit
de leurs compétences. Ils s’accrochaient, comme de petites araignées,
à leurs toiles respectives pour ne pas basculer.
Comment fait-on déjà, lors d’un tremblement ?
Passer sous la table, se serrer la tête en attendant que cela passe ?
Compter les minutes et les heures en se disant : çà va aller mieux maintenant,
oui, çà va aller mieux. C’est la grande force de l’araignée : sa faculté d’attente…

AÉRO
Je suis du regard un homme qui a maladroitement laissé l’étiquette du prix
sous ses chaussures.
Un vieux me grille dans la queue, pour avaler un café qui – je l’espère – le précipitera vers sa fin.
Des enfants passent en trombe sous les chaînes des barrières de la douane.
J’ai perdu ma netteté mentale : je glisse à l’intérieur dans une anesthésie somnolente.
Dans l’aéroport, je survis floue.

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Aéroport/Airport © F. Blaize