LES CHRONIQUES DE RENNES

pierre ponce, encre, Blaize

Pierre ponce/Pumice stone


REFLUX
La cage d’escalier refoule l’urine
c’est un passage secret
direct des couloirs jaunes du premier
jusqu’aux sous-sols de la grande poche utérine
nous transitons,
nous transigeons,
nous nous ressemblons,
bourreaux de travail, de formation ou de manifestation
nous sommes bien là
cependant
mi-alertes, mi-numériques
abandonnant des torchons périodiques
sur les sièges palpitants de nos humeurs fantomatiques.

INSTANTANÉ
Aujourd’hui j’ai vu une jeune fille prier 4 secondes – un stop-éternité –
après avoir fait tomber son portable sur le bitume. Coup d’œil anxieux :
ouf ! Pas de casse ! Il faut croire que Dieu est toujours en exercice.

LU-CARNE
On s’est longtemps cotoyées, toute une vie, à nous deux.
Mais la mémoire n’est pas fiable, elle ne l’a jamais été
et ce soir, c’est la pierre ponce ma madeleine.
« Mets plus de savon et frotte bien ! » Je n’y échappais pas,
un grand classique de la salle de bain. Ma grand-mère
me tendait la pierre ponce en désignant le haut de mes bras.
D’où venait cette urgence de bras lisses qui n’existait que
dans son monde ? Un jour, lassée, j’ai bazardé la goutte éteinte
du volcan. Le savon seul est tellement plus complaisant.