SUCK MY BLOG

Je suis toujours captivée par cette propension chez certains intellectuels à lécher leur vie sous toutes les coutures, raisonnement poétisé frôlant – absit reverentia vero –
le calcul infinitésimal. Se gratter le nombril à coup
de blog ne nous fait pas prendre la tangente, ne nous éloigne malheureusement pas de l’illusion d’une attention. Pourquoi ? Le propre ne fait pas bander, le bien-écrit
non plus. Il provoque tout au plus un certain engouement
(N.D.A. : du moyen français « angouer » étouffer en gavant)…
À quand un Bukowski qui écrirait comme Gracq au chevet
d’un Bauchau éternellement vieillissant ?

MUPPET SHOW

Lorsque ce qui fait de nous un être singulier capitule devant cette force d’érosion, nous ne sommes plus que la part inanimée, la part de bois d’un pinocchio.
La voix rauque de fumée, le masque du visage qui en l’espace d’une seconde bascule d’une absence mécanique
à un sourire perdu : l’ombre monte insidieusement
dans le miroir.
Tout à coup, l’important devient secondaire, le nécessaire
ne l’est plus autant, il glisse d’un sujet à un objet, d’un objet
à un état. Plus rien n’est grave, plus rien n’accroche.
Il faudrait savoir être un sacré clou rouillé pour pouvoir gratter, gratter le sol jusqu’à trouver cette graine plantée
il y a longtemps, planquée dans le non dit et remâchée inlassablement jusqu’au brouillage total de la conscience.

IL N’Y A PAS QUE LE VIVANT QUI MEURT

Dessiner, c’est apprivoiser l’acuité de sa propre mort.
Lancer le premier trait, comme on lance une ligne à l’eau, avec désinvolture
Le porter, le sonder, lui demander des comptes
pendant des heures,
des jours,
pour finalement décider de sa fin,
sans drame, sans affect car cela fait partie du je.

21 avril 2015

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