LES CHRONIQUES DE NICE

Collage numérique, photothymie, Blaize

Photothymie I

L’EXPULSION DES GRANDS FONDS
Ah c’est une blague
Oh mais cela ne se passera
passera pas comme çà
Gaspard le homard croyait pouvoir
pouvoir vivre sa vie peinard
Oh mais il faut recourir à la méthode dure
on connait la musique
cette musique biologique rabâchée
C’est une chance ! Pour sûr !
Après tout c’est un sans-papier
un sans bras et sans pied
une épine à enlever
un grain de beauté mutant
comme les trois
tressauts qu’il a fait
lorsqu’elle a avalé
le médicament.

YA PAS DE FUMÉE SANS FEU
La tromperie de la ville
je n’y croyais pas et voici
que je la vis, que je la vois,
Ville qui pue, qui brille,
façade de vies éteintes,
Porte à-faux de poissards,
Une pute qui joue la belle
pour pas payer sa tournée.
C’est comptant ou content,
suivant le degré d’entubage,
Direction l’échouage en beauté,
et comme ya pas de marée,
comment faire pour prendre le large ?

QUESTIONS DE PEINTURE
L’apprêt-midi en se disant qu’il reste aussi la couche du soir,
du lendemain et du surlendemain,
L’apprêt-rasage à court d’idée,
pour tromper le nez,
L’apprêt-guerre,
solution toute trouvée,
après tout, c’est à négocier,
L’apprêt-vente,
cédé au rabais,
mais avec un joli potentiel,
l’avenir relationnel,
fait des ronds,
par ricochet.
Et se souvenir de l’avant.

AMNÉSIE NUCLÉAIRE 
Et les nuits passent
par l’électricité
Et les songes tremblent
comme des mâchoires transies
Nous attendons le je-ne-sais-quoi
Mais seul un cliquetis irradie l’instant
Le vide gonfle l’espace,
il poisse comme une rigole de sang
le long de la jambe
À essuyer !
Reste alors le poil à raser
entre deux dentelles échappées des cartons
Au fait ! T’es qui depuis quelques temps ?