PLANCHE POURRIE

Le Castell des méduses accueille des soirées ampoulées.
Alors nous changeons de loge pour nous diriger vers opéra plage.
L. me confie que son polype à elle, c’est un maté amer qu’elle pompe pour fissa fissa, le terminer.
F. se tord, le rosé clapote, la mer est à nos pieds mais personne n’y prête attention.
Je pense à l’électricité dans mon dos : j’ai arrêté le traitement depuis que je suis ici.

LA NUIT DES GALERIES

Présence mortadelle nourrit l’espace vitrine,
çà rit dans les brancards,
le folklore des quinqua n’est pas ma tasse de thé,
et le vin semble drogué.

L’ENNUI

Sans passion, sans affaire, sans application,
je m’enlisais dans cet intervalle qui allait durer cinq heures.
J’y éprouvais ma faculté d’attente du rien, le décrochage involontaire d’un réel
qui peine à s’engager. Le souvenir de certaines fêtes étudiantes sur Paris
me revint en mémoire. Dix minutes et deux conversations me suffisaient
à réaliser qu’il fallait simplement que je reprenne le métro pour que
l’ordre naturel des choses se réorganise souplement. En rentrant, j’avoue avoir
éprouvé le soulagement de la fin d’une détention. Ce n’est que bien plus tard
que me revint cette phrase de Rilke à propos de Paris : « qui est vraiment
une grande ville étrangère, très, très étrangère pour moi. »

30 juillet 2015

Laisser un commentaire