DE PROFUNDIS

Le deuil a quelque chose de la tique. Il passe une partie de son cycle au sol
puis s’ancre sur la peau pour ne quitter son hôte que forcé et endormi
à grand renfort d’éther. Un deuil, comme une tique, peut jeûner jusqu’à cinq ans.
Accepter de l’achever, en acceptant de laisser partir quelqu’un pour aussitôt
tomber dans un autre deuil, c’est juste changer de tiques. Alors il faut faire appel
à l’épouillage psychique réciproque, véritable rite social développé par les humains,
qui, bien que long, semble être la méthode la plus efficace.